INTERVIEW ODYM'ETAL ( Mai 2007 )

Salut Bruno, « A l’ombre des vautours » vient de sortir, as-tu déjà eu des échos du public ?

Au moment où je te répond, l'album n'est pas encore sorti en distribution nationale officielle donc je ne peux pas vraiment t'en dire beaucoup à ce sujet.J'ai par contre déjà reçu pas mal de réactions en provenance de nos correspondants qui se procurent l'album directement auprès de nous et il semble qu'une unanimité se fasse pour un accueil favorable.Tu te doutes que cela nous fait chaud au coeur.

A l’écoute de l’album, je trouve que musicalement c’est un mélange de « 109 », de « Mauvaises Graines » et de « Habemus Métal ».On dirait que vous avez voulu tout mettre sur cet album. Est-ce que ce fut réfléchi ou tout est venu au fil de vos humeurs ?

Je pense que la longueur de l'album a permis de réunir un peu toutes ces facettes.
A l'origine, on était parti sur une durée plus classique, similaire à celle de « Habemus Metal ».
J'ai rajouté les neufs morceaux consécutifs qui vont de « Comprendre » à « Un peu de répit ».
Ce sont des morceaux que j'ai composé spécialement pour justement présenter ces facettes qui sont parties intégrantes de l'identité propre et personnelle de KILLERS.
Je suis vraiment content que cela ait pu être apprécié car cela nous laisse une liberté énorme pour pouvoir envisager notre avenir.
Après, il est inéluctable que certains préféreront telle ou telle facette mais la quasi totalité de nos correspondants accroche à tout, c'est vraiment impressionnant.
Pour ma part, je ne le regrette pas car, même chez ceux qui évoquent des préférences, les titres évoqués dans un sens ou dans un autre ne sont jamais les mêmes selon les goûts habituels de chacun.

Beaucoup de tes textes sont très noirs, on pourrait penser que tu ne crois plus en l’humanité.

Il est clair que pas mal de textes peuvent être interprétés dans ce sens mais, si le constat est là, ce n'est pas pour autant que je déprime à ce sujet. Ce serait même plutôt un sentiment tout à fait inverse, l'expérience aidant.

Sinon, parlons un peu chant, chaque textes a vraiment une tonalité qui colle à l’esprit des morceaux et si je ne me trompe pas vocalement tu as essayé autre chose. Comment as-tu abordé le travail vocal et est ce que cela t’a pris beaucoup de temps ?

Je n'ai pas le recul nécessaire pour porter un regard valable sur ce type de chose mais, si tu l'as ressenti, c'est sûrement que cela est. En tout cas, ce qui est certain, c'est que le résultat est la conséquence d'une attitude naturelle, il ne s'agit pas d'une volonté délibérée d'aller dans une direction précise. J'essaie d'aller dans des registres et des approches qui me ressemblent.Dans cette optique, par exemple, je ne suis pas un acharné des parties vocales évoluant dans des registres très hauts (si tant est que je l'ai été un jour ...)
Pour les chants, j'ai toujours une idée immédiatement très précise au moment de la composition des morceaux mais je n'écris les paroles que très tardivement, le plus souvent d'un seul trait. J'essaie de faire en sorte que cela puisse se situer sur au moins deux ou trois périodes distinctes mais toujours intensives.Cela n'arrive jamais dans l'urgence : ça se fait quand ça doit se faire. S'il fallait que j'aborde tout ça en terme de travail, je pense que je n'arriverais pas à grand chose car je ne possède pas la technique escomptée pour ce type de situation mais bon, quelque part, cela contribue à renforcer notre identité.

Comment t’es venu l’idée de mettre un poème de Baudelaire sur « Comprendre » et qui fait la narration de texte ?

A l'origine, on tombait sur un passage basse/batterie avec des ajouts de guitares qui pouvait rouler sans pour autant constituer un point fort indéniable mais j'y ai cogité un peu durant quelques écoutes et j'ai pensé qu'une dimension autre pouvait être. J'ai concrétisé tout cela très rapidement en une seule soirée et je crois que cela vallait vraiment le coup. Pour la narration du texte, il s'agit de Pierre VIALA qui a, entre-autres, été acteur dans « La famille Duraton », un film réalisé en 1939. Son timbre de voix et son sens de la narration est énorme comme d'ailleurs pas mal d'acteurs de cette époque.Le talent est intemporel, Baudelaire en est la preuve. Il est normal que ceux qui le servent en soient remerciés et honorés.

Depuis le Trophée Hard Rock magazine, vous jouez « Habemus Métal » et Overkillers », est ce dû à une demande du public ou un plaisir personnel ?

Nous avons immédiatement intégré ces deux titres à notre liste donc je pense qu'on peut parler d'un plaisir personnel.
Si nous ne l'avions pas fait, je pense que la demande n'aurait pas trop tardée donc on peut dire sans trop se tromper qu'on l'a anticipée.

Sur certains morceaux, il n’y a pas de solo de guitare. Comment l’idée vous est venu et comment se fait le choix des morceaux ?

Les morceaux qui n'ont pas de solo de guitare figurent sur la suite rajoutée que j'ai souhaité dissocier pour éviter l'assimilation à un titre type long « type concept » donc ceci explique cela.En règle générale, lorsque nous composons un morceau, il y a un solo et ce n'est pas parti pour changer.

Sinon en quelques mots, comment présenterais-tu « À l’ombre des vautours » à quelqu’un qui n’as jamais écouté de Killers ?

Il me faudrait un peu plus d'informations sur les habitudes musicales de cette personne mais dans un premier temps, je lui avancerai l'existence d'une réelle identité musicale propre qui irait de pair avec des parties vocales d'expression française dont les textes ne sont pas totalement anodins au niveau du sens en lui disant qu'elle pourra découvrir ou retrouver pas mal de facettes de la musique Metal dans son ensemble.

En ce moment, il y a une renaissance d'anciens groupes français (Trust, ADX ou encore Demon Eyes). Que penses tu de ces retours alors que toi tu n'as jamais jeté l'éponge ?

Je n'en pense rien de spécial.C'est bien qu'ils soient là, c'est une bonne chose pour eux et pour ceux qui les apprécient.

Avez vous des dates de concerts prévues pour promouvoir "A l'ombre des vautours" ?

Toujours pas de tournée, nous continuons comme d'habitude avec des dates ponctuelles placées sur des week end

J'ai l'impression que c'est de plus en plus dur de trouver des concerts pour les groupes français. Comment cela se passe pour vous ?

A voir le nombre de groupes qui se propose pour venir jouer sur nos organisations de Bidache Metal et à les entendre, il semble que ce soit le grand calme au niveau des organisations de concerts sur l'hexagone.
Peut-être que davantage de groupes devraient se mouiller pour essayer de palier à cette carence, un peu comme nous le faisons sur notre secteur.
Il y en a quelques qui le font mais il y en a quand même beaucoup qui restent un peu trop passifs en étant juste demandeurs. Les choses ne se sont jamais faites toutes seules, il a toujours fallu les provoquer.Ce n'est surtout pas actuellement que tout cela va évoluer sans mettre un minimum les doigts dans le cambouis.

Avec l'album "Habemus métal", vous avez énormément tourné. Quels ont été les meilleurs moments et quels souvenirs en gardes-tu ?

Il n'y a pas de moment particulier qui suplante les autres, c'est l'ensemble des dates et des rencontres qui contribuent à en faire d'excellents souvenirs.

Après plus de 20 ans de carrière, comment imagines tu Killers dans 10 ans et pourquoi pas dans 20 ans ?

Les chiffres en eux mêmes ne veulent pas dire grand chose.J'espère simplement qu'on pourra encore continuer jusqu'au bout de la route en sortant des albums qui plaisent à ceux qui nous font l'honneur de nous apprécier.On fait toujours du mieux que l'on peut, avec les moyens que l'on a, en essayant de conserver une identité propre. J'espère qu'on pourra continuer à le faire sans être confrontés à une baisse trop importante des ventes.

Je te laisse le mot de la fin.

Je te le donne avec plaisir : « merci !!! »